2ème triptyque - vitrine n°3
 
Microscope Nachet
selon les besoins :  simple ou composé




Dans la vitrine, l'instrument apparaît en microscope simple, c'est-à-dire sa configuration accessoire.
La deuxième "loupe" disponible est rangée dans le coffret, de même que les objectifs destinés au microscope composé.
J'ai tendance à penser que le tube [ monté sur crémaillère et dispositif de mise au point fine
déposé à droite ] qui remplace de préférence le petit support pour loupe, était originellement protégé par un coffret perdu depuis... Dans celui-ci devait assez probablement se trouver aussi un jeu d'oculaires.
[ Toute information
est bienvenue, concernant cet ingénieux instrument dont la partie inférieure se déplie en un volume très aplati par rabattement de l'ensemble platine-condenseur-miroir. ]


Liste des composants

Dans le coffret visible, spécialement aménagé :
-  la partie inférieure articulée :  platine & sous-platine / base ;
   [ le condenseur est réglable en hauteur, décentrable mais sans iris ; il y a un porte-filtre ]
-  1 diaphragme sans lentille ;
petit support amovible pour loupe  [ configuration en microscope simple ] ;
2 loupes interchangeables ;
-  3 objectifs :  n°3 et n°7 [ monture non RMS + une bague d'adaptation > RMS ] + n°6 [ RMS ] ;
[ Ces composants ne sont pas estampillés au nom du fabricant. ]

Hors le coffret :
-  tube avec crémaillère et dispositif de mise au point fine, adaptable par système à vis et deux ergots de positionnement,
    avec inscription gravée :  Nachet et fils 17. Rue St Séverin Paris,
-  1 oculaire n°3 ;
+ 1 objectif Nachet 1/15e
[ ajouté pour l'exposition ].


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Les réfugiés, Tamara de Lempicka ( 1931 ? )


Petite histoire du microscope Nachet

... Non pas le modèle, mais l'objet exposé, précisément.

Si le peu de souvenir qui reste est très vague, cette histoire n'en est pas moins touchante.
Elle m'a été racontée par le Dr F. de qui j'ai obtenu l'instrument. Il l'avait apprise de sa maman.
Le papa du Dr F. était médecin lui aussi, dans un village du Tournaisis. Lors de l'exode, en 1940, des gens remarquèrent le microscope* abandonné au bord de la route et eurent l'idée de le lui apporter...
[ * l'ensemble sauf l'objectif 1/15e ]

Qui sont les réfugiés peints par Tamara de Lempicka ?  Fuient-ils la guerre d'Espagne ?  D'aucuns le pensent... Mais alors, situer l'oeuvre en 1931 [ information sur site de référence consacré à l'artiste ] n'a pas de sens. Selon d'autres sources, la peinture daterait de 1937 ; son thème fait l'objet d'interprétations diverses. Peu importe, au fond, qui sont les malheureux, d'où ils viennent. Ce qui ne trompe pas, c'est l'évidente détresse.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, des Belges, des Hollandais, des Luxembourgeois, des Français du Nord, par millions, pris de terreur, se sont jetés sur les routes pour échapper à l'envahisseur.
« Huit à neuf millions de réfugiés civils sur le sol français en mai-juin 1940, 10 000 personnes tuées par les bombes et les mitraillages des avions allemands, 90 000 enfants perdus recensés par la Croix-Rouge internationale :  la grande peur collective du peuple français fut un événement cauchemardesque que le terme biblique d’ "exode" servit à qualifier. L’exode a blessé et tué sans distinction, il a frappé des villes et des villages et fait exploser des familles ; il a touché les personnes au plus profond d’elles-mêmes ; il a traumatisé et humilié des millions de Français qui voulurent l’oublier. L’exode fait partie des plaies mal cicatrisées de notre mémoire nationale. »  [ Joël Drogland, à propos de la parution de L’Exode, un drame oublié. de Éric Alary, éd. Perrin, 2010. ]
« L’ "exode" de 1940 lui-même rappelait la fuite de 1914. Une même génération connut à deux reprises le même bégaiement de l’histoire. Par deux fois, des civils fuirent devant l’invasion allemande. [...] En 1914 comme en 1940, comme aujourd’hui, l’exode est improvisé, soudain, chaotique... »  [ Didier Delafontaine, RTBF Info, 28/09/2015 ]
Et tant d'autres au cours de l'Histoire, aux quatre coins du monde... disparus dans l'oubli. L'Europe, maintenant, se déchire parce que des gens désemparés nous arrivent, fuyant un drame qui se joue au Proche Orient.
Pourquoi tout cela ?  Pendant combien de temps encore ?  The answer is blowin' in the wind, chantait Bob Dylan, en 1963.