Histoire

Des oubliés...


    Les hommages à Alexander Fleming sont fréquents, à juste titre sans doute pour sa découverte fortuite mais géniale de la pénicilline, en 1928.
  À titre d'exemples :
 


Saint James, l'église paroissiale du quartier de Paddington, dans la Cité de Westminster à Londres, fort endommagée pendant la seconde guerre mondiale, a été restaurée par la suite, recevant de nouveaux vitraux dont certains commémorent des personnages célèbres du quartier :  le dramaturge J.M. Barrie, auteur de Peter Pan, Baden Powell, le fondateur du mouvement scout... et Alexander Fleming qui travaillait à l'hôpital St Mary tout proche. Son laboratoire est aujourd'hui un musée. Fleming avait bien sûr un grand usage du microscope.


La production à grande échelle de cette subsance ne s'est finalement développée que pendant la seconde guerre mondiale, grâce aux travaux d'Howard Walter Florey et Ernst Boris Chain. Peut-on compter les millions de vies humaines sauvées grâce à cette médication ?  Les trois hommes ont été récompensés conjointement par le prix Nobel de physiologie ou médecine, en 1945.

Or il y avait eu des précurseurs...


 
En décembre 1897, à Lyon,
Ernest Duchesne ( 1874~1912 ) défendait sa thèse
l'
antagonisme entre les moisissures et les microbes.
Il concluait par les deux points suivants :






La thèse fut reçue avec tous les honneurs... et tomba aussitôt dans l'oubli !
Elle a été republiée depuis.  [ La Thèse Prophétique d'Ernest Duchesne, 1897, présentée par Jean Théodoridès / éd. Louis Pariente, 1991. ]

Deux ans auparavant, l'Italien Vincenzo Tiberio ( 1869~1915 ), écrivait dans son article
Sugli estratti di alcune muffe, publié dans les Annali d'Igiene Sperimentale :

risulta chiaro da queste osservazioni che nelle sostanza cellulare delle muffe esaminate sono contenuti nei principi solubili in acqua forniti di azione battericida [...] per queste proprietà le muffe sarebbero di forte ostacolo alla vita e alla propagazione dei batteri patogeni.

Lui aussi avait donc remarqué l'effet bactéricide d'une substance contenue dans un Penicillium
et il envisageait qu'on puisse utiliser cela pour s'opposer à certains agents pathogènes.

Mais cette fois déjà, la communauté scientifique n'a pas attaché d'importance à une découverte majeure !

C'est peut-être anecdotique en regard de l'immensité des progrès accomplis au XIXe siècle dans le domaine de la santé.
Il n'est pas sûr, par ailleurs, que les chimistes de l'époque auraient pu produire de la pénicilline en quantité.
Mais peut-on s'empêcher de penser qu'une vingtaine d'années plus tard, innombrables seront les combattants de la « Grande Guerre » incapables de résister à la maladie ou qui succomberont à des complications par infection de leurs blessures ?  Et s'il n'y avait qu'eux...