Copépodes - Cyclops
 
The Microscope Made Easy
( 1744
 



Henry Baker ( 1698~1774 ), naturaliste anglais du XVIIIe siècle, fut un "polymathe".
[ Ce mot qui a aujourd'hui disparu des dictionnaires francophones désignait une personne à l'instruction multiple, variée, ayant une connaissance approfondie de domaines divers, notamment les sciences et les arts. ]
Après un apprentissage de jeunesse en librairie, Baker, ayant rendu visite à des proches, s'installa chez eux et se consacra à l'instruction de leurs enfants sourds-muets. Ainsi, il se fit connaître pour "sa" méthode d'orthophonie [ probablement celle du mathématicien John Wallis ], qu'il garda secrète et dont la pratique lui permit d'engranger des revenus conséquents.

Si isolée, si éloignée, que fût l'île de Robinson Crusoé, le monde reste petit.  ;o)
En 1724, Baker est contacté par Daniel Defoe ( 1660~1731 ). Le courant passe aussitôt et les deux hommes se côtoient régulièrement. Quatre ans de négociations seront toutefois nécessaires avant que... la passion de Baker pour Sophia, la fille cadette de Defoe, puisse se concrétiser en un mariage. L'année précédente, Baker et Defoe s'étaient associées pour produire le Universal spectator and weekly journal.
Baker est, en quelque sorte, philosophe aussi :  pendant la même période, il publie des ouvrages de poésie dont, en 1727,
The Universe, a Poem intended to restrain the Pride of Man !

> Courte mais intéressante biographie par un de ses descendants, Richard G. Burns, School of Land and Food Sciences, University of Queensland, Brisbane :  http://www.microscopist.co.uk/wp-content/uploads/2017/04/Henry-Baker.pdf

<  Portrait de Henry Baker :  gravure de William Nutter en 1812  [ National Portrait Gallery, London ]
    Le microscope à l'arrière-plan est un modèle de Cuff
 
Quant à la microscopie :

Henry Baker s'intéresse tout particulièrement aux cristallisations ; il sera médaillé pour ses recherches.

Il est élu membre de la Royal Society et pendant une trentaine d'années, il y contribue activement à populariser le microscope.
Il enverra plus de 80 communications qui vont du meilleur au pire, parmi lesquelles une description des 26 microscopes de Leeuwenhoek que la société possédait.
Baker évalue leur pouvoir grossissant et estime qu'à l'aide de tels instruments, Leeuwenhoek n'avait pas pu observer les détails qu'il a dessinés, concluant avec prudence qu'une grande expérience et des instruments plus puissants expliqueraient les découvertes de son illustre prédécesseur. Si d'autres microscopes de Leeuwenhoek nous sont parvenus, ceux-ci ont disparu et il n'est dès lors plus possible de vérifier le point de vue de Baker à ce sujet.
Dans ses écrits, il fait souvent référence à Leeuwenhoek, Hooke, Swammerdam et d'autres, en ajoutant son opinion sur les grandes questions en débat à son époque. Par exemple, il réfute la génération spontanée... tandis qu'il croit au préformationnisme.

H. Baker a écrit trois livres de microscopie, dont le premier, The Microscope Made Easy, peut être considéré, comme le premier traité de laboratoire dans cette matière.
Dans le  deuxième livre, en 1743, il relate ses expériences visant à répéter les manipulations par lesquelles, 4 ans plus tôt, Trembley avait constaté qu'au départ d'un fragment d'hydre d'eau douce, un être entier peut se régénérer.

The Microscope Made Easy
est articulé en deux parties. La première décrit les microscopes simples et composés, faisant l'éloge - ce n'est pas par hasard - des modèles de John Cuff
Dans la partie II, sorte de
manuel de laboratoire, Baker explique comment préparer des infusions, indique diverses techniques microscopiques et décrit poux, puces et araignées, sang, os, muscles et nerfs, sperme, flocons de neige...



   
Cet ouvrage connut un grand succès. L'édition dont nous possédons un exemplaire est celle de 1744. Au total, il y en eut six en anglais ainsi que des traductions en français, néerlandais, allemand. La première publication remonte à 1742 et les 1000 exemplaires imprimés furent si vite vendus que le livre fut réédité en 1743. La quatrème vague date de 1754 ; la suivante parut en 1769 et la dernière en 1785.



Au XXe siècle, The Microscope Made Easy – même intitulé, donc, mais rédigé cette fois par A. Laurence Wells – sera réédité à de multiples reprises pendant quatre décennies...