Expo' / ULB






Du 22 septembre au 23 décembre 2017,
dans la salle Allende / ULB, campus du Solbosch :

Syphilis, la grande simulatrice 


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Établissons quelques liens avec la microscopie...



   Fritz Schaudinn
 

           et
Erich
Hoffmann




ont identifié, en 1905, l'agent pathogène responsable de la syphilis :  Treponema pallidum [ ou Spirochaeta pallida ].


Cette bactérie Gram nég. spiralée est longue, selon les sources, de 5~8 µm à 15~20 µm. Son diamètre mesure 2 µm, voire moins.
Pareille étroitesse, à la limite du pouvoir de résolution d'un microscope optique, complique la détection de Treponema pallidum.
D'autant que cette bactérie s'est révélée difficile à colorer, réagissant très faiblement à la méthode de Gram, par exemple [ d'où le "pâle" de "tréponème pâle" – Le radical trépo-, du grec ancien, signifie tourner. ]. La coloration argentique donne depuis longtemps de bons résultats et plus tard, l'immunofluorescence est venue enrichir les possibilités d'analyse au microscope. Mais ce qui d'emblée avait marqué les esprits, c'est l'observation en fond noir de la bactérie vivante, car Treponema pallidum est très mobile et ses déplacements dus à un mouvement hélicoïdal, sont caractéristiques.

  Soit dit au passage,
  avant la découverte de la pénicilline, trouver un remède à cette maladie et ses terribles effets ne fut pas une mince affaire.
   
Il y eut notamment l'épopée du Salvarsan suivi du Neosalvarsan, la "magische Kugel"
de Paul Ehrlich...   et aussi ceci :
après avoir connu la gloire, Julius Wagner-Jauregg ( 1857~1940 ), neurologue et psychiatre autrichien, fait l'objet, depuis 2004, d'un désaveu. En cause, l'idéologie et certaines théories qu'il a défendues, certaines pratiques qu'il a préconisées. Ce n'est toutefois pas ceci qui m'incite à évoquer ici ce personnage mais plutôt le prix Nobel qu'il reçut en 1927 pour sa "malariathérapie" ou "paludothérapie", mise au point dix ans plus tôt. Qu'on se détrompe, il ne s'agit pas d'une thérapie contre la malaria... mais par la malaria ! Disons, pour résumer : Julius Wagner-Jauregg avait remarqué qu'une paralysie liée à la syphilis diminuait lors d'accès de fièvre. Il en conclut qu'une température corporelle élevée affaiblit le tréponème. Or on pouvait tant bien que mal contrôler le paludisme grâce à la quinine tandis qu'on était impuissant à vaincre la syphilis... Dès lors, on se mit à inoculer l'agent de la malaria aux malades atteints par la syphilis. Faut-il croire que le désarroi était immense face à la "grande simulatrice", pour que la communauté scientifique se félicite d'un tel traitement ! Le prestigieux prix a été attribué à Julius Wagner-Jauregg « for his discovery of the therapeutic value of malaria inoculation in the treatment of dementia paralytica » [ Wikipédia ; nobelprize.org ; ... ]

En retour, l'utilisation de la paludothérapie pour le traitement des formes neurologiques tertiaires de la syphilis, introduite en 1917 par Wagner-Jauregg, et consistant à infecter les patients à intervalles réguliers pour induire des rémissions de leur maladie, a permis de faire des études cliniques du paludisme hors zone d’endémie. Ces études ont montré que les malades infectés de façon répétée par le même parasite étaient capables de monter une immunité protectrice contre ce parasite et que cette immunité était non seulement espèce-spécifique, mais aussi souche-spécifique. [ Morphologie, biologie et cycle des Plasmodium parasites de l’homme, communication par Marcel Hommel à l'Académie nationale de médecine, en France, séance du 30 octobre 2007 / Bull. Acad. Natle Méd., 2007, 191, no 7, 1235-1246 / http://www.academie-medecine.fr/morphologie-biologie-et-cycle-des-plasmodium-parasites-de-lhomme/ ]